26/09/2018

Histoire d'une rue

b30c4e1c00ffcf3ba161c19507cd1a38.jpgUn peu d'histoire pour les villeneuvois d'aujourd'hui et d'hier. L'histoire d'une rue et de la culture du ver à soie à Villeneuve, racontée par François Foxonet dans ses "éléments d'histoire de Villeneuve".

Le ver à soie, venu de Chine, est introduit au 13ème siècle, dans le Midi. A Villeneuve, c'est la famille Dediès "els Manarets" qui se spécialise, au début du 19ème siècle, dans cet élevage.

Baptiste Billès, menuisier de profession, se lance dans l'élevage, après son mariage avec Rose Dediès.

Sur la route de Pézilla, au niveau du château, il y avait un lieu planté de muriers. De nos jours c'est le nom d'un lotissement. Les feuilles de muriers étaient la base de l'alimentation du ver à soie.

Aux alentours de 1865, les magnaneries du Gard furent dévastées par un épidémie : les vers avaient la peau parsemée de taches, comme couverte de poivre, d'où le nom occitan de pébrine pour désigner la maladie. Jean-Baptiste Dumas, sénateur du Gard a demandé à Louis Pasteur d'enquêter sur ce fléau qui ravage la culture de la soie dans le midi, provoquant une catastrophe économique. Pasteur n'y connaît rien, mais à force de visites et d'observations, il devient incollable sur le bombyx du mûrier. Il découvre que les vers sont atteints par une autre maladie : la flacherie. Pour la vaincre, il faut éradiquer les larves malsaines. En 1867, Pasteur visite les magnaneries du Roussillon car les vers à soie y sont plus sains qu'ailleurs, il a l'idée de ne conserver que la graine des papillons femelles sains. Il est reçu dans le Ribéral, chez Rose et Baptiste Billès. Pour bien sélectionner ces graines, Louis Pasteur munit le magnanier d'un microscope. La technique est simple : après la ponte, les papillons sont pilés avec un peu d'eau dans un mortier, il suffit de vérifier au microscope qu'une goutte de ce résidu ne présente pas de parasites. La culture des vers à soie est sauvée. Baptiste Billès fut au nombre de magnaniers-ravitailleurs qui eurent l'honneur et l'autorisation de vendre et d'expédier la graine saine de ses vers à soie, dans toute la France. Baptiste et Rose Billès reçurent Louis Pasteur chez eux dans leur maison de la rue qui porte le nom du grand savant. Rose témoignera dans un article du Coq catalan : "il a visité toute la maison, nous avions des magnans jusqu'au grenier, ....ce qui me gènait, c'est qu'il m'a interrogée en Français....".

Jean-Marie Billès garde précieusement l'indispensable microscope de son arrière-grand-père. Depuis quelques jours, une plaque témoigne du passage à Villeneuve, du sauveur des vers à soie.

Hélène BELBEZE.

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